Le compte vitamino-calcique chez la femme

Protéger les carrières de calcium

Un article récent écrit par le Dr Pierre Khalifa dans Réflexions Rhumatologiques met à nouveau en évidence le besoin absolu de rations vitamino-calciques journalières  suffisantes en raison de l’existence constatée de carences notamment féminines de plus en plus fréquentes. Il signale ainsi que les autorités de santé et les experts ont reconsidéré les besoins quotidiens de calcium et vitamine D au cours de différentes périodes de la vie d’une femme. Nous tentons de résumer l’essentiel de ce travail.

 Il aborde le rôle, les sources, les effets osseux et extra-osseux du calcium…

Il signale de suite qu’un adulte est constitué d’environ 1 kilogramme de cet élément qui constitue le squelette osseux. Il précis en outre que le calcium est nécessaire dans bien d’autres situations physiologiques comme la sécrétion hormonale ou la conduction de l’influx nerveux et la contraction musculaire donc cardiaque mais aussi dans le processus de la coagulation sanguine. Il rappelle qu’une alimentation normale équilibrée et variée aboutit à un apport nutritionnel conseillé (ANC) de calcium (ANC-Ca) qui est le résultat de l’apport journalier conseillé par l’AFSSA (AJC) ou de l’apport quotidien recommandé par l’Académie (AQR) que l’on peut calculer par auto-questionnaire alimentaire diminué des pertes urinaires, fécales et sudorales de 300 mg en moyenne mais bien évidemment variable selon les activités et les situations physiologiques. L’absorption du calcium se fait au niveau de l’intestin grêle et du duodénum et dépend en partie de la vitamine D. Il est transporté dans le sang fixé à l’albumine pour près de la moitié et présent à l’état ionisé pour l’autre. Son taux sérique est parfaitement régulé grâce à la parathormone et au 1-25 OH D, le métabolite actif de la vitamine D. Il est de 2,35 à 2,55 mmol /l ou de 90 à 105 mg/l.

Il précise le rôle, les sources, le métabolisme et les effets de la vitamine D…

C’est un compagnon du calcium depuis son entrée dans l’organisme jusqu’à sa sortie. Elle est en effet nécessaire, on l’a vu, pour son absorption digestive. En raison de ses effets généraux extra-osseux à distance portant notamment sur la transcription génomique au niveau des noyaux mais aussi sur l’activation de récepteurs de membranes de certaines cellules, cette vitamine a été comparée à une hormone. Sa synthèse est réalisée à 90% sous forme de cholécalciférol ou vitamine D3 par la peau sous l’effet des rayons ultra-violets solaires ce qui explique les variations de fabrication selon la latitude, la saison, la pigmentation, le type de vêtement porté  ou même l’activité.  Les 10% restants nécessaires sont fournis par l’alimentation sous forme de ergocalciférol ou vitamine D2 par les végétaux dont les champignons ou de D3 par les poissons, les œufs et les produits laitiers principalement. Ces vitamines sont transformées en 25-OH D par le foie pour être stockées dans les graisses mais aussi en 1.25-OH D, la forme active, au niveau du rein. Le taux sérique optimal de 25-OH D est de 30 ng/ml (75 nmol/l). Une insuffisance en vitamine D commence sous le seuil des 30 (75) et une carence est affirmée en dessous de 10 (25).

Il en vient aux besoins et apports nutritionnels conseillés qui sont variables suivant les périodes de la vie :

  • Chez le nourrisson avant 18 mois les ANC-Ca sont de 1200 mg pour des AJC de 800 à 1000 mg et des AQR de 800 à 1000 mg avec 600 à 1200 UI de vitamine D quotidiennes selon que le lait utilisé est enrichi ou non en vitamine.
  • Chez l’enfant de 1 à 9 ans les ANC-Ca sont de 500 à 900 mg pour des AJC de 200 à 400 mg et des AQR de 600 à 800 mg  avec 2 doses annuelles (1 en novembre et une en février) de 100.000 UI de vitamine D.
  • Chez l’adolescente de 10 à 18 ans les ANC-Ca sont de 1200 mg pour des AJC de 200 mg et des AQR de 800 à 1000 mg avec 800 à 1000 UI de vitamine D quotidiennes voire 100.000 UI qutre fois par an selon certaines particularités individuelles et en s’aidant au besoin d’un dosage sanguin.
  • Chez la femme de 19 à 55 ans (âge moyen de la péri-ménopause) les ANC-Ca sont de 900 mg pour des AJC de 200 mg et des AQR de 800 mg avec 800 UI de vitamine D quotidiennes. Il est rappelé ici que la carence en vitamine D pourrait être corrélée au risque de maladies cardio-vasculaires et d’athérome, à l’obésité et au syndrome métabolique, à un risque accru de cancer du sein et du colon. Il est signalé aussi que la prise quotidienne de 3 produits laitiers associés aux fruits et légumes couvre 80% des besoins pouvant être complétés par une eau de boisson comme Contrex ou Hépar riche en calcium. En réalité dans 50% des cas les apports sont insuffisants quand on les calcule et il devient alors nécessaire d’apporter un complément alimentaire adapté aux besoins. Le même constat est fait pour la vitamine D avec insuffisance d’apport ou défaut de fabrication chez 4 femmes sur 10, justifiant un apport régulier pour arriver aux 800 UI quotidiennes idéales.
  • Chez la femme après la ménopause ou la femme âgée les ANC-Ca sont de 1200 mg avec des AJC de 200 à 600 mg pour des AQR de 1500 mg avec un apport quotidien de 800 à 1200 UI de vitamine D recommandé par le GRIO (Groupement de Recherche Insuffisance Osseuse) C’est dans cette tranche d’âge que le risque d’ostéoporose et de fracture est le plus élevé avec un taux de chutes proportionnel au taux sérique du 25-OH D. C’est dans cette tranche d’âge que l’on constate le plus de défaut d’apport en calcium alimentaire puisque 75 % de ces femmes consomment moins des 2/3 des ANC-Ca et le plus de carence en vitamine D notée chez 6 femmes sur 10. Il est nécessaire dans cette population de vérifier les apports calciques de façon régulière et de les compléter systématiquement selon les cas du fait d’une malabsorption et d’une malnutrition fréquentes. Les mêmes recommandations sont faites pour la vitamine D qui est mal activée en 1.25-OH au niveau rénal et est mal métabolisée au niveau de la peau du fait des changements de mode de vie.
  • Chez la femme ostéoporotique, les apports quotidiens de 1200 mg sont surveillés accompagnés de 1000 à 1500 UI (en moyenne 1200) de vitamine D, le tout toujours adapté aux apports alimentaires calculés et au mode de vie précisé. Les différentes études montrent que près d’une femme sur deux qui est atteinte d’ostéoporose est carencée en calcium et vitamine D. Il faut s’assurer dans ces cas du taux sérique de 25-OH D idéal de 30 ng/ml. On obtient ce taux par l’apport de 4 ampoules de 100.000 UI de vitamine D à raison d’une toutes les 2 semaines quand le taux est inférieur à 10, 3 ampoules selon le même rythme pour un taux entre 10 et 20 et 2 pour un taux entre 20 et 30. Cet apport est encore plus indispensable si l’ostéoporose est prise en charge par un traitement spécifique comme un bisphosphonate.
  • Reste le cas de la femme enceinte ou qui allaite et chez qui le ANC-Ca sont de 1200 mg pour des AJC de 400 et des AQR de 800 à 1000 mg avec un taux de 25-OH maintenu supérieur à 30 ng/ml avec 1 ampoule de 100.000 UI de vitamine D au début du 7° mois et 1000 à 1200 UI par jour au cours de l’allaitement.

Notre avis

Cet article très intéressant résume parfaitement l’état des idées actuelles sur la complémentation en calcium et vitamine D chez la femme à ses différentes périodes de la vie. Même si l’ostéoporose touche l’homme avec souvent quelques particularités (problèmes endocriniens mais aussi toxiques comme l’alcool et le tabagisme) ce n’en est pas moins une maladie à prédominance féminine. Ce sexe paye un lourd tribu à la ménopause au moment du « tremblement de terre » hormonal et mérite donc une surveillance toute particulière tout au long de l’existence. Plus le pic de masse osseuse obtenu en fin de croissance est élevé moins vite sera atteinte avec la décroissance naturelle la frontière qui mène à l’os fracturaire synonyme d’ostéoporose.

Il faut retenir que les dosages de 25-OH D ne sont pas inutiles à certaines périodes de la vie comme l’adolescence, la grossesse éventuelle et au moins une fois après la ménopause. Ils permettent de dépister très largement des carences latentes. Il faut absolument se préoccuper des apports nutritionnels en calcium par une enquête alimentaire en se rappelant qu’il faut au quotidien chez un adulte renouveler environ 1/1000° du capital osseux grâce à l’entrée de 1 gramme de calcium élément. Un déficit en apport devra être compensé d’abord par une meilleure prise en charge de la nourriture et des boissons puis par des compléments adaptés.

Aucune période de la vie ne doit subir d’impasse au risque de le payer plus tard. Si l’on pense à la personne âgée, invalidée, institutionnalisée, on ne doit pas oublier la femme « aux beaux restes » conservés par les hormones mais qui s’alcoolise au salon ou la belle « sportive » bronzée mais qui ne vit que de « régimes » ou l’adolescente « superbe » mais qui suit un traitement anti épileptique et l’enfant « sans problèmes » qui ne supporte pas les laitages.

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Bibliographie

P. Khalifa. Besoins vitamino-calciques chez la femme aux différents âges de la vie. Réflexions rhumatologiques. Juin 2013 ; 159 ;17 : 22-25.
 

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